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Anne
Hébert
Nos
mains au jardin
Nous
avons eu cette idée
De planter nos mains au jardin
Branches
des dix doigts
Petits arbres d'ossements
Chère plate-bande.
Tout
le jour
Nous avons attendu l'oiseau roux
Et les feuilles fraîches
À nos ongles polis.
Nul
oiseau
Nul printemps
Ne se sont pris au piège de nos mains coupées.
Pour
une seule fleur
Une seule minuscule étoile de couleur
Un
seul vol d'aile calme
Pour une seule note pure
Répétée trois fois.
Il
faudra la saison prochaine
Et nos mains fondues comme l'eau.
Autre
poème d'Anne Hébert:
ICI |