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Un soir de concert, le célèbre violoniste Paganini
jouait avec tant de fougue, qu’une corde se rompit, la plus fine,
la chanterelle. Imperturbable, il continua de jouer. Une deuxième
corde saute, puis une troisième. C’est presque la fin du morceau.
Frénétiquement applaudi, Paganini termine en beauté avec l’unique
restante, la grosse corde de sol.
Au bout de la vie, une à une nos cordes sautent.
Jambes faibles, mémoire capricieuse, les levers difficiles, la
mobilité réduite, la fatigue du soir. Combien de temps
pourrons-nous jouer encore le concerto de notre vie?
Sans être une ou un Paganini étincelant jusqu’au
bout, on peut faire entendre des belles choses avec les cordes qui
nous restent. Il faut les fréquenter en grande amitié plutôt que
trop penser aux cordes disparues.
Chère vieille corde de sol. La dernière, la plus
grave. Corde de la patience courageuse, de la sagesse, de la bonté,
de l’expérience, des amitiés semées, des appels de Dieu. Que de
notes peuvent jaillir de la dernière corde!
C’est cela qu’on attend de nous. Une petite
musique de paix, d’amour et d’humour. Prédication silencieuse,
mais si parlante, sur l’espérance.
Quelle belle façon de s’immortaliser! Laisser des
exemples de vies remplies!
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