L'ESPÉRANCE
Le beau mot! Mais comment parler de l'espérance. Ce rendez-vous secret que l'on donne à la chance? C'est un mot plein de rêve et c'est un mot vaillant Mais non de tout repos; on espère en veillant! Le désir et le doute, une nuit sans mémoire, Sont allés rallumer ce lampion dérisoire, Pour donner au chemin que l'on ne voyait pas L'allure d'un espace à mériter nos pas Espérer, c'est rêver. Et surtout, c'est attendre, Mais sans hâte et sans bruit, car le temps n'est pas tendre Pour les farauds qui réclament comme un dû Puis s'en vont au bistrot parler du temps perdu... Et quand on n'y voit plus, on invente, on fabule, On chante que la vie est un grand vestibule Qui pourrait bien s'ouvrir sur quelque étrange ailleurs... C'est que ce mot discret est au grand ripailleur Qui du pire souvent sait tirer le meilleur... Brève immortalité que le désir invente Pour que le troubadour compose. écrive et chante Un air nouveau pour quelque dame qui n'est plus. Avec ces mots anciens qui n'avaient pas déplus... Rien qu'à le prononcer, son horizon s'efface. Errance invite l'oeil à jouer dans l'espace. Ce mot se recommence et ne sait pas finir Qui propose à l'enfant l'envers des souvenirs.
* Extrait du livre "Les chemins de pieds"
Réalisation de Simplement pour le Plaisir Cette page est optimisée par Internet Explorer, huguette v. 1 décembre 2005
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