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POÉSIE SILVESTRE
Dans le calme ombragé d'un grand bois de sapins,
Je rêve, en écoutant bruire cette fontaine
Qui, égrenant dans l'air ses doux sons cristallins,
Cascade en racontant la vie des fées anciennes.
Combien belles étaient les sylphes insaisissables
Dans le profond silence des augustes forêts,
Se glissant quelquefois, fantômes adorables
Entre les arbrisseaux et les hautes futaies.
Je revois en esprit les gnomes, les lutins
Qui, emplissant le bois de leur présence folle,
Sautillant d'arbre en arbre. dansant des farandoles
Semblaient autant des diables que des gentils mutins
Dans le soir descendant, la forêt qui s'endort
Semble encore plus grande, ainsi baignée dans l'ombre.
Je repars lentement, pensif dans la pénombre
Tandis qu'autour de moi s'estompe le décor.
Yves Gascard 1931-1966
Les Andeliys 1945
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